La session de la semaine dernière m’a laissé un goût amer et moi je reste convaincue qu’il n’est pas désespéré de mettre un peu de morale en politique.
C’est donc assez calmement que je vais mettre les points sur les « i » à la droite lorraine, présente ici ou à l’extérieur :
Ici et là, il se raconte plutôt à l’extérieur de cette assemblée parce que ce n’est jamais une confrontation franche que la Région Lorraine aurait baissé ses budgets sur l’éducation, sur la formation professionnelle et là je crains que vous soyez plus préoccupés par l’échéance de 2010 que par les conséquences de la crise en Lorraine en 2009.
Et si l’on compte objectivement le budget de la formation des demandeurs d’emploi, il y en a dans la formation continue, il y en a aussi dans l’insertion professionnelle, il y en a dans les formations sanitaires et sociales, dans les aides aux salariés licenciés à la transition professionnelle et tout cela, ce sont des rémunérations et des frais qui aident le pouvoir d’achat de ces demandeurs d’emploi. Donc, très clairement, lorsque l’on additionne les pages budgétaires, il faut savoir les lire.
Donc, moi je conseille, maintenant et objectivement, de préparer mieux vos interventions parce que sans augmenter les impôts en 2009, la Région a aidé 30 000 demandeurs d’emploi et c’est un budget en augmentation de 4.23%.
Il n’a donc pas baissé.
J’ai lu, quelque part à l’extérieur, que sur l’éducation et la formation nous aurions baissé de 110 millions d’euros. Imaginez : est-ce seulement pensable que sur un budget de 900 millions nous ayons baissé nos efforts pour les lycéens, pour les salariés et pour les chômeurs de 110 millions ?
Je crois qu’il faut revenir à quelque chose de raisonnable. De toute façon, nous, depuis 2004 on vous le dit, nous ne laissons aucun Lorrain au bord du chemin et nous répondons à leurs besoins.
Et puis alors, le summum de ce que l’on va appeler de la désinformation :
Monsieur le président du groupe de la Majorité Présidentielle a écrit dans la tribune de l’opposition régionale dans le dernier « Lorraine et vous » que la Région a supprimé le CAPEN. Incroyable ! Vous l’avez voté avec nous en décembre 2008 pour 344 000€, vous l’avez voté et c’est inscrit dans le Contrat de Projet avec l’Etat (CPER).
Donc écoutez, moi je vous propose quelque chose :
Puisque nous, on sait faire des dispositifs de formation, je vous propose de vous monter un dispositif sur mesure pour apprendre à lire les faits et les chiffres du budget.
2ème point sur les "i" :
Madame la Secrétaire d’Etat : le deuxième point porte sur le fait que nous ne présentons pas de bilan des « coups de pouce » puisque nous n’aurions pas de bilan. Votre camarade, Laurent Hénart, le nancéen, a l’habitude de dire qu’il n’y a pas de bilan. Donc Mme Morano vous nous avez dit : « vous m’avez promis »… D’ailleurs, ce n’est pas à vous que l’on a promis mais c’est aux Lorrains et aux entreprises.
4 coups de puce, 4 preuves "clé en main" qui concerne la formation et l'emploi : - Une alternative au chômage partiel ; tout le monde en rigolait en janvier lorsque l’on a fait ça. On a mis 1 million sur la table. C’est quand même l’idée d’être formé au lieu d’être au chômage même s’il est partiel et que l’on touche son salaire à 100%. Bilan d’aujourd’hui : dépenses 270 000€ et plus de 600 salariés qui ont retrouvé un salaire complet, qui ont été formés au lieu d’être au chômage.
- L’aide à la formation des salariés en activité : 950 000€ sur les « coups de pouce » et 1083 salariés formés pour améliorer leurs compétences et leurs qualifications.
- Le FACE 3 qui aide aux frais pour les licenciés qui suivent une formation de retour à l’emploi : 1000€ au lieu de 300€, c’est une aide à leur pouvoir d’achat.
- Le chèque de transition professionnelle lorsque plus personne ne peut payer une formation à des salariés licenciés.
Bilan en moins de 6 mois : 1800 Lorrains aidés.
Chaque fois que l’Etat propose le rassemblement, chaque fois qu’une branche le fait, ainsi que les partenaires sociaux, nous sommes là, notamment dans la filière automobile et pour l’alternative au chômage partiel.
3ème point sur les "i" :Vous nous affirmez en permanence que l’Etat est aux côtés des demandeurs d’emploi ; je rappelle le chiffre de 120 demandeurs d’emploi en plus par jour.
Je vais vous donner objectivement 2 désengagements de l’Etat qui impactent les Lorrains directement. Nous allons y répondre parce qu’il y a ceux qui votent les lois, ceux qui en parlent, ceux qui les annoncent et ceux sur le terrain qui regardent ce que cela donne et qui essaient d’améliorer la vie quotidienne de chacun. C’est notre responsabilité en tant que Conseiller régional d’être sur le terrain. Vous voulez des comptes : allons-y ! Il y a en Lorraine un dispositif de proximité sur chaque bassin : les APP (ateliers pédagogiques personnalisés).
Un demandeur d’emploi, un jeune, une mère de famille peut demander la formation spécifique dont il a besoin. La réponse arrive sous les 15 jours. Ce dispositif était jusque là subventionner par l’Etat. La réforme dans le cadre de la RGPP au premier janvier 2009 impose un appel d’offre national.
Résultat : 3 APP ne peuvent plus assurer leur mission de proximité dans les bassins de Rombas, de Sarrebourg et Pont à Mousson. Moi, je pose une question : qui s’occupe des conséquences de ces réformes sur le terrain ? Pour nous c’est inacceptable et nous voterons un nouveau « coup de pouce » parce que nous ne laissons aucun Lorrain au bord du chemin. Et cet après midi en CP, tout le banc droit de l’assemblée va voter ce « coup de pouce » tout en dénonçant le principe.
Je vais prendre deux personnes ici qui vont représenter les demandeurs d’emplois Lorrain. L’année dernière quand vous étiez dans un même stage, l’un était pris en charge par les Assedic et touchait rémunération et frais de déplacement. L’autre, stagiaire Région touchait les deux. A la réforme du Pôle Emploi du 1er janvier : le stagiaire Pôle Emploi ne touche plus que la rémunération et celui de la Région continue à touché les deux. Coût de l’opération et du désengagement 1 700 000€. C’est inacceptable parce que l’on ne peut pas traiter les Lorrains de façon inégalitaire : ce sera le deuxième « coup de pouce ».
J’ai commencé en demandant de la morale, le débat doit porter sur des choses vraies. Les plans tombent : le plan Blanc, le plan de relance… Moi j’attends le plan emploi… Si l’Etat propose quelque chose de bon, moi je vote des deux mains. Si le Président de la République vient en Lorraine et qu’il annonce que tous les licenciés seront payés à partir de l’emprunt national et formés pendant un an sur cet emprunt national, je serai là pour applaudir des deux mains.