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26 juin 2009
Séance plénière du 26 juin 2009
Intervention de Hélène Benabent, Vice-président de la Région Lorraine en charge de l'apprentissage
Monsieur le Président, mes chers collègues,
Le rapport « Actions régionales d’urgence pour les jeunes » qui est soumis aujourd’hui au Conseil Régional, s’inscrit en totale complémentarité avec l’action que nous menons depuis 5 ans en faveur de l’apprentissage.
Mais il constitue aussi une adaptation importante de notre politique, particulièrement adaptée à cette époque de crise.
Depuis 5 ans, l’apprentissage a bénéficié d’une attention particulière du Conseil Régional. Les évolutions d’effectifs sont éloquentes : il y avait 14 618 apprentis en Lorraine au 1er janvier 2004, il y en a aujourd’hui 17 280, soit une augmentation de 18 %.
Un effort sans précédent a été mené en direction de l’investissement des CFA, particulièrement de leurs internats.
Ces investissements sont aussi coordonnés avec les efforts de l’Etat et de la Région en direction des plateaux techniques des lycées. Ainsi, se constituent progressivement des pôles régionaux de compétences dont les composantes travaillent en synergie et non plus en concurrence.
Afin de faire face aux importantes difficultés matérielles rencontrées par les jeunes apprentis, l’effort social en leur direction a été considérablement renforcé. Je rappellerai à cet égard l’augmentation de 17 % de l’aide au transport des apprentis que nous avons décidée au Budget Primitif 2009.
La carte des formations a été fondamentalement rénovée : • un système ambitieux de préparation à l’enseignement professionnel, le Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance (DIMA), a été mis en place, dans le cadre d’une création pédagogique rassemblant Région, autorités académiques et CFA. Aujourd’hui, 365 jeunes âgés d’au moins 15 ans et qui ne trouvaient pas leur place dans l’enseignement traditionnel, bénéficient ainsi d’un accompagnement unique les préparant à l’enseignement du métier de leur choix ; • le « Bac Pro à la carte », initiative unique en France qui permet à chaque jeune concerné de préparer ce diplôme, à son rythme, en 3, 4, 5 ou 6 ans, sera une réalité à la rentrée 2009 dans les 34 CFA concernés. Il s’agit de la plus importante réforme de la carte de l’apprentissage, réalisée dans une parfaite concertation avec tous les partenaires ; • le CFA régional interprofessionnel supérieur est désormais créé. Il permet d’accueillir les formations par apprentissage de l’enseignement supérieur qui ne peuvent être rattachées à un CFA de branche. L’Université lorraine y a toute sa place.
L’ensemble de cette politique est menée dans une optique d’optimisation des moyens et de gestion économe des deniers des particuliers et des entreprises lorraines.
Les résultats sont là : 70 % des jeunes sortants d’apprentissage ont un emploi, 7 mois après avoir quitté leur CFA.
Cependant, la crise sans précédent qui s’abat sur notre région ne va pas épargner l’apprentissage. Selon les secteurs, les prévisions sont plus ou moins sombres : entre moins 10 et moins 30 % d’intentions d’embauche à la rentrée prochaine.
En utilisant les moyens que semble vouloir dégager l’Etat dans le cadre du Plan d’Urgence Jeunes, nous vous proposons quelques initiatives innovantes qui devraient permettre de limiter l’impact des difficultés économiques sur l’apprentissage.
Il s’agit tout d’abord d’encourager le recrutement d’apprentis dans le secteur public, en complément de la gratuité de la formation que nous assurons depuis plusieurs années. Il paraît judicieux de concentrer l’effort sur les établissements publics administratifs et sur les petites collectivités territoriales.
Bien entendu, nous nous devons de montrer le bon exemple en ce domaine et en conséquence, d’engager une réflexion sur le recrutement d’apprentis dans les services de la Région.
Le deuxième volet d’actions proposées vise à engager un véritable plan de lutte contre les ruptures prématurées de contrat d’apprentissage. Deux mesures nouvelles doivent être engagées : • la mise en place d’un contrat d’apprentissage de filière permettant au jeune de se former, durant sa période d’essai, à plusieurs métiers connexes et d’opter ensuite pour celui qui lui convient le mieux ; • l’instauration d’une garantie de formation par apprentissage pour que les jeunes victimes d’une rupture de contrat puissent aller au bout de leur formation.
Comme vous le voyez, l’innovation et la créativité restent les axes de notre politique d’apprentissage.
En conclusion de mon propos, je voudrais me tourner vers la presse régionale : il est essentiel qu’elle se fasse l’écho de la mobilisation des pouvoirs publics en faveur de l’apprentissage.
La crise que nous subissons ne doit pas nous faire baisser les bras : c’est, pour les jeunes, le moment de se former et pour les entreprises, le moment de former.
La Région et tous ses partenaires sont à leurs côtés.
Hélène Benabent
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