Exercice annuel, le Débat d’Orientation Budgétaire 2010, du vendredi 30 octobre, n’en était pas moins un évènement majeur pour la vie et l’avenir de l’institution régionale : dernier DOB du mandat de cette majorité, celui-ci intervenait dans une période où, comme l’a rappelé
Laurence Demonet,
« le chômage est redevenu le problème majeur » ; n’en déplaise aux élus de l’opposition qui affirment à l’unisson, derrière leur gouvernement, que «
la crise est derrière nous ! »
« Le DOB rend compte du chemin emprunté depuis près de six ans tout autant qu’il trace le chemin de l’avenir […] Nous misons ouvertement sur des points forts en investissant dans les technologies, l’innovation, la connaissance et les pôles de compétences par des emplois à haute valeur ajoutée. » (cf.
Intervention de Laurence Demonet). Car en effet, avec ce DOB 2010, la majorité régionale de gauche entendait fixer le cap de l’action régionale pour l’année 2010 : poursuivre la dynamique engagée depuis 2004 autour d’un seul et même principe, « c
onstruire des politiques au service du Lorrain, pour répondre à ses besoins, son bien-être et son avenir. »
Thibaut Villemin insistait sur ce point dans son intervention : «
notre volonté est reprise dans ce DOB, au service des Lorraines et des Lorrains, au service de leur environnement qui leur permettra d’y vivre mieux demain. »
La nature de ces orientations pour 2010 est triple ;
Conforter la Région Lorraine en tant que véritable métropole d’action. «
Dire que notre métropole c’est la Lorraine n’est pas un slogan, c’est un projet » a précisé le mussipontain de l’étape,
Julien Vaillant. Les efforts entrepris par la majorité pour voir aboutir l’Université Lorraine (cf.
Intervention de Jean-Pierre Moinaux) sont la preuve que la Région Lorraine est une véritable métropole d’action !
Poursuivre l’accroissement des services d’intérêts régionaux pour favoriser l’égalité de tous les Lorrains et l’équilibre du territoire : transports ferroviaires et intermodalité, formation tout au long de la vie, santé, etc. «
Faire de la Lorraine un territoire où s’exercent les solidarités, voilà notre volonté ! » (cf.
Intervention de Julien Vaillant).
Enfin, ce DOB
consolide les efforts de la majorité pour ériger la Région Lorraine en chef d’orchestre du développement durable. Il ne s’agit pas seulement d’écologie mais bien de concilier harmonieusement le développement économique et social avec les préoccupations environnementales. C’est un gage d’ambition et surtout de modernité. «
La modernité en politique c’est cette capacité à comprendre la société dans laquelle nous vivons pour anticiper son évolution et lui assurer un progrès économique et social constant » (cf.
Intervention de Paola Zanetti).
Bien sûr,
ces ambitions, aussi légitimes soient-elles, ne vont pas sans incertitudes. L’avenir des collectivités territoriales, notamment au plan fiscal, est mis en balance par le gouvernement qui ne supporte pas «
la réussite de la gauche dans les Régions » (cf.
Jean-Pierre Liouville). Suppression de la taxe professionnelle, inquiétudes sur le maintien de la TIPP, réforme électoraliste des collectivités territoriales, telles sont les nouvelles armes du parti présidentiel pour contrecarrer l’implantation de la gauche dans les territoires. « C
e DOB se place dans un contexte particulier - unique dans l’histoire de notre nation - d’un double chambardement : fiscal et territorial […] L’observateur avisé de notre société doit s’en inquiéter » (cf.
Intervention de Julien Vaillant). Pour le Président du Groupe Socialiste au Conseil Régional,
Jean-Pierre Liouville, «
c’est une réalité criante, les collectivités territoriales sont étranglées […] par cet Etat Recentralisateur. » Et
René Mangin de conclure : «
il s’agit d’une véritable castration budgétaire. »
Le message de
Paola Zanetti à l’attention de l’opposition prenait alors tout sens : «
admettre l’avance de la Lorraine quand on est dans l’opposition, c’est aussi faire preuve de modernité politique ! » Une aptitude dont les élus de la majorité présidentielle semblent dépourvus !