Intervention de Laurence Demonet, Vice-présidente du Conseil Régional, en charge de la formation et des demandeurs d'emploi.
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Chers Collègues
Parce que notre métropole à nous, c’est la Lorraine, parce que notre mandat de gauche, c’est les Lorrains, nous y avons mis une signature humaine.
■ Ce n’est pas un mandat pour rien, c’est un mandat humain
Par la preuve, le Débat d’Orientation Budgétaire rend compte du sentier emprunté depuis près de six ans tout autant qu’il trace le chemin de l’avenir. Clairement, il dit ce que nous avons fait face aux difficultés et ce que l’on veut faire pour remettre la machine en mouvement. Dans un monde économique en crise où la finance décide de tout, la Lorraine plus qu’ailleurs, est impactée. Il est difficile d’en mesurer toutes les conséquences. Aujourd’hui, une seule s’affirme nettement, c’est l’explosion du chômage. Au risque de vous surprendre, mes chers collègues de l’opposition, les Lorrains veulent travailler et nous les y aidons alors même que cela relève de la compétence de l’Etat ! Est-ce un mandat pour rien quand la majorité régionale se met au travail pour l’emploi alors que l’Etat est responsable de l’emploi ? Je vous rappelle que la Région, c’est la formation. Elle fait face à la crise avec 22 coups de pouce et a le courage de parier sur l’investissement humain. La barre des 100 000 chômeurs est dépassée. Le chômage est redevenu le problème majeur. Les Lorrains doutent de la possibilité de garder leur emploi dans les mois à venir ou d’en retrouver un du même niveau. N’est-ce rien quand on répond aux besoins en formation de ceux qui veulent avoir ou garder un emploi, un métier pour vivre ? N’est-ce rien quand on agit pour que les jeunes aient un premier emploi ou que les seniors restent au travail ? N’est-ce rien quand on aide chacun, salarié ou chômeur, à rebondir ? N’est-ce rien quand on aide les entreprises à passer le cap de la crise ? Nous avons répondu présents pour améliorer la vie quotidienne de chaque Lorrain, au plus près de leurs besoins. Ce n’est pas un mandat pour rien, c’est un mandat humain. Est-ce un mandat pour rien quand la majorité régionale, parce qu’elle remet le citoyen au cœur de son action, trace pour lui le chemin de l’avenir ? Nous misons ouvertement sur les points forts en investissant dans les technologies, l’innovation, la connaissance et les pôles de compétences par des emplois à haute valeur ajoutée. Nous faisons le choix d’éduquer et de former, de rendre plus mobiles, plus durables et plus fortes les qualifications. C’est le choix de l’avenir, de l’économie du savoir et du développement durable dans chaque action régionale, qu’elle soit économique, humaine ou environnementale. Une économie qui reclasse plutôt qu’elle ne déclasse. Ce n’est pas un mandat pour rien, c’est un mandat qui trace le chemin.
■ Notre objectif à nous, c’est les Lorrains
Les Lorrains ont besoin de nous, ils ne croient pas aux miracles, ils attendent des réponses concrètes à leurs besoins et ils y ont droit. C’est ce que nous avons fait et c’est ce que nous voulons continuer à faire. C’est pour cela que la majorité a pensé différemment les politiques de formation pour l’emploi, partant des besoins pour construire des réponses plus efficaces. Des formations qui se mettent à la hauteur des métiers d’aujourd’hui et qui préparent les métiers de demain, ceux du développement durable. C’est la signature lorraine : du sur-mesure et du développement durable. Une « signature humaine » qui rend à chaque Lorrain un droit à l’avenir par la formation et l’élévation des qualifications tout au long de la vie. Signature lorraine qui a confiance en ses jeunes et qui croit en la capacité de chacun à rebondir. Nous créons le FIL, Fonds d’Insertion pour les Lorrains, qui formera les salariés précaires ; formons les salariés, les licenciés et les chômeurs pour qu’ils restent dans l’emploi, pour qu’ils y retournent. Nous soutenons les entreprises dans leurs besoins. Nous remplaçons le chômage partiel par la formation avec la garantie de salaire à 100%. Nous amenons les jeunes sans qualification à l’emploi dans les E2C, écoles de la deuxième chance. Nous remplaçons même l’Etat, responsable de l’emploi, lorsqu’il se désengage. Oui, ce n’est pas un mandat pour rien, la Région Lorraine agit, n’en déplaise aux mauvaises langues, n’en déplaise au Président de la République… Oui Monsieur le Président, vous rêvez de coordonner l’orientation : en Lorraine, c’est fait, signature de la charte le 18 novembre ! Si vous voulez venir… Martin Hirsch rêve de projets pour les jeunes : la Région Lorraine a reçu le prix spécial du jury pour son Lorfolio ! L’Etat rêve des écoles de la 2ème chance : en Lorraine, c’est fait ! 3 nouvelles ouvrent : Lunéville Thionville et Verdun. Il est vrai que nous sommes pris en flagrant délit « d’avoir fait avant », c’est la raison pour laquelle nous recevons moins. Il est urgent d’arrêter d’empiler les mesurettes et réformettes d’autant qu’elles ne sont pas suivies de moyens. Il est urgent que l’Etat revoie sa politique de l’emploi.
■ Alors Monsieur le Président de la République qui venait nous visiter les jeudis, nous vous disons que ce mandat, nous le faisons pour les Lorrains et ce n’est pas rien.
Parce que je veux que votre conscience de droite vienne vous déranger, je vous raconte une histoire : Le premier jeudi d’octobre, le Président Sarkozy est venu, non pas à Gandrange mais à Woippy où les salariés des entreprises, par sécurité, ont été priés de rester chez eux n’étaient pas conviés. Le Président du « travailler plus » a cru bon de venir parler des salariés sans les salariés ! A quelques mètres de là, 444 salariés de Faure et Machet ont été oubliés de la visite présidentielle : 145 sont déjà licenciés. Le deuxième jeudi d’octobre, le Président Sarkozy est finalement revenu, cette fois à Gandrange en rattrapage, au détour d’une heure creuse dans son agenda, habité probablement par le manque de reconnaissance des Lorrains à son égard. Mercredi, un Ministre à l’Assemblée nationale s’inquiétait de l’emploi dans chaque famille française… Vraiment, Monsieur le président, nous sommes heurtés par vos mises en scène. Elles relèvent plus du théâtre que de la vraie politique. Nous attendions plus d’un président et mieux de l’Etat. Les Lorrains ne sont pas votre théâtre du peuple. Laissez-les au travail sinon ils vous mettront au chômage.
Laurence Demonet Vice-présidente du Conseil Régional